jeudi 30 avril 2009

breakfast blues


Le lendemain , Alfredo se rendit comme chaque jour au Tiffany's un petit Pub situé non loin de chez lui . Dans cet endroit Alfredo prenait chaque jour son petit déjeuner en lisant la presse , il ruminait en silence et fustigeait tout bas les dérives de ce monde tout en buvant son café et son jus d'orange quotidien .
Un jour , une jeune fille vint s'asseoir près de lui . Elle devait avoir à peine 16 ans et les tourments de son adolescence en herbe se lisaient sur son doux visage .
"je peux m'installer ici ?" lui demanda t-elle .
Un peu bougon Alfredo ne lui répondit pas illico puis en la regardant fixement et en plissant ses yeux noirs il acquiesça avec un léger sourire .
Elle semblait venir d'ailleurs , comme un soleil juvénile qui apparaissait dans l'univers si sombre et morne d'Alfredo . Elle avait une façon bien à elle de déguster ses croissants et toujours ce regard triste qu'Alfredo pouvait percevoir sans qu'elle ne dise un traître mot .
-"vous ... vous êtes étudiante ? je ne vous ai jamais vu par ici ! touriste peut être ? " lui demanda soudain Alfredo avec cet air grave qu'il prenait souvent depuis son récent retour d'Afghanistan .
La jeune fille lui répondit qu'elle travaillait en ce moment et qu'elle n'avait pas pu faire d'études car sa famille vivait loin d'elle en Europe de l'est et que sa seule ressource était de faire cireuse de chaussures . Alfredo semblait toucher par ce que lui révélait cette jeune inconnue et pendant que cette dernière lui parlait il replongea dans ses pensées aussi troubles qu'un cachet d'aspirine dissout dans de l'eau minérale . ils parlèrent un bon moment au milieu du vacarme du Tiffany's .
-"je dois filer ! on m'attend ! j'ai été contente , vraiment contente de vous parler monsieur ... monsieur ? " lui dit elle
-"Alfredo je m'appelle Alfredo ! et vous ?" lui répondit il .
-Elise ... à bientôt sans doute ! " lui répliqua la jeune fille .
"oui .... à bientôt ."

mardi 21 avril 2009

A man lost in the city


Alfredo est tout de même un drôle de bougre . Alfredo était il y a peu de temps un militaire de base chargé d'exécuter les ordres de ses supérieurs sans trop réfléchir , il en a vu de toutes les couleurs et souvent du rouge . Alfredo est aujourd'hui un homme revenu de tout et pour tout dire dans cette ville de Chamara ou il réside en fantôme qui se respecte il cherche en vain un sens à son existence .
Ce qu'il voudrait c'est un boulot bien rangé et assez bien payé pour mettre un peu d'oseille de coté en attendant que se finisse cette maudite crise dont il entend parler nuit et jour ou qu'il soit et quoi qu'il fasse ! il n'en peut plus ! Cette vie qui consiste à diviser les humains en deux catégories : ceux qui ont le savoir et l'argent et ceux qui n'ont que leurs yeux pour pleurer .
Assis sur son lit dans le minuscule et quasi insalubre studio qu'il occupe depuis la fin de ses obligations militaires en Afghanistan , il songe à son sort et à celui des millions d'âmes pour qui survivre est un mot qui ne fait plus vraiment rêver .
Alfredo consigne ses pensées philosophiques chaque soir dans un cahier d'écolier . Un exercice qui lui permet de se défouler et d'occulter ainsi toute la violence enfouie qui l'anime depuis son retour de Kaboul .
Il se souvient avec effroi des jours ou on lui demandait d'abattre certains pseudo talibans réputés dangereux pour notre monde civilisé , il revoit comme s'il se trouvait encore au coeur des montagnes Afghanes cet enfant qui lui tendait la main pour avoir un peu d'eau afin d'étancher sa soif et qu'un de ses coéquipiers a abattu froidement car il faisait parti du camp ennemi .
-"Horreur ! aujourd'hui qui est l'ennemi ? Ou sont -ils celles et ceux qui prétendent du haut de leur insupportable suffisance nous enseigner le bien ? " se disait il en silence .
Alfredo se remit à noircir son cahier , écrasa son mégot dans le cendrier puis il finit par éteindre la lumière et s'endormit .

jeudi 9 avril 2009

Gaston !! l'addition s'il vous plait !


-"ah !! monsieur Gaston ! ah ! vous tombez bien !!! Est ce vous qui avez brisé les vitres de ma voiture de sport dernier cri avec les vibrations stridentes de votre odieux instrument de musique ? " beuglait l'ogre rouge nommé Depacemaker avec une virtuosité et une verdeur dans le propos qui étonnait l'entourage présent . Gaston n'avait comme à son habitude pas fait exprès de briser les vitres du coupé sport de notre VRP plou-plouc , et il réussit à se sortir des filets garnis de ce dernier avec (il faut tout de même l'avouer) une certaine ingéniosité .
-ah !! vous croyez vraiment que ma Sitar Indienne dédicacée par Brian Jones est la cause de vos petits tracas ? boarf !! faut pas vous énervez pour çà m'sieur Depacemaker ! c'est rien après tout !"
L'ogre se mit à bondir sur place et , fut prit de violentes convulsions qui l'incommodèrent fortement . Aussitôt toute l'équipe arriva sur les lieux et on fit venir les Pompiers pour conduire le malheureux aux Urgences .
Notre joyeux Lagauffre reprit ses recherches actives afin de réparer sa bévue auprès de mademoiselle Jeanne . Le courrier des charrettes de licenciements s'étant transformé en une grande tache bleutée , ce qui eut pour effet d'irriter quelque peu cette dernière .
Strike and Spire comptait bien réduire son personnel (mais en lousdé ) car il fallait faire des économies et certaines personnes coûtaient visiblement trop chers !
Quelques minutes plus tard , Gaston fut de retour dans le bureau de notre miss Jeanne . Alors qu'elle était sagement assise à son bureau entrain de réécrire ce courrier ... Il entra en trombe avec une des ses nouvelles idées de génie (enfin selon lui évidemment ) . Et boum ! Mademoiselle Jeanne fit une nouvelle tache sur le courrier toute surprise qu'elle était .
- "Regardez ces trois petits gants à doigts que j'avais imaginé il y a quelque temps , ils sont pour vous mademoiselle Jeanne ! Ainsi vous pourrez écrire sans vous tacher et le courrier sera toujours propre comme le seront vos jolies mains ! en plus ils font aussi éponge ! qu'en dites vous ? ".
-" oh !! vous alors !! on peut dire que vous avez raté votre vocation !!" lui répliqua aussitôt miss Jeanne en tortillant du postérieur sur son siège .