jeudi 24 septembre 2009

12 jours avant de voir le sommet de la montagne















Munie d'un bon verre de vin blanc, elle commença à narrer sa rencontre avec Tony Montagnard au milieu du vacarme et de la fumée qui régnait encore en ce lieu de perdition salutaire.







- je crois que je joue en ce moment le plus gros coup de ma carrière de modeste éditrice ! Clama t-elle entre deux gorgées de ce Millésime pas piqué des hannetons.



-ah ! Et pourquoi donc ? Lui demanda illico sans hélico un de ses comparses de beuveries élitistes.



- Cet homme de talent est entrain d'écrire un roman qui devrait faire un malheur en librairie, il parle de l'histoire de la musique et de Pierre le Gabriel en particulier ... je vais me faire des mamelles en or ! Elle éclata de rire et entraîna avec elle toute la joyeuse assemblée. Non loin de leur tablée, un individu tout de noir vêtu (lunettes compris) venait d'assister incognito à cette saynète ... autant dire qu'il n'avait lui aussi pas fait le déplacement pour rien !



L'homme en question était resté silencieux pendant tout le dîner (ce qui était rare pour cet oiseau bavard comme une pie ) . Il retira lentement ses lunettes au moment même ou Petrouska reprit une gorgée de vin blanc . Sous le choc , elle cracha sans élégance ce pourtant si délicieux breuvage .

-Diantre !! mais c'est lui !!! il est juste assis à la table d'à coté ... il a sûrement entendu mon bavardage de gueuse assoiffée !

Ses amis restèrent sans voix tant ils ne saisissaient pas l'importante dramaturgie de la situation qui se jouait pourtant sous leurs yeux étonnés d'ignorance crasse .



En effet , il s'agissait bien de Tony Montagnard qui était venu en solitaire se requinquer après une longue journée de labeur . Il venait d'entendre les propos de Petrouska en qui il avait une totale confiance et , ces derniers ont eu pour effet de l'agacer au plus haut point .

Il se leva et se dirigea d'un pas assuré vers la tablée de Petrouska afin de lui dire ses quatre vérités .

- je ne vous félicite pas ! c'est ainsi que vous me traitez madame ! et bien sachez qu'à partir de cet instant je change illico de crémerie ! . Dit-il en haussant le ton tel une sardine d'eau tiède .

Petrouska fut saisie et devint aussi blanche que le vin qu'elle buvait . Lorsqu'il quitta la taverne , Tony manqua de tomber car il n'avait pas vu la marche qui se trouvait à l'entrée ... perdu qu'il était dans ses pensées .



Soudain une voix se fit entendre :




- monsieur ! excusez moi d'intervenir mais je viens d'entendre ce qui s'est produit . Je me présente Arthemus Gordan des éditions Tracteur Rouge .

je n'irais pas par quatre ruelles : votre ambitieux projet m'intéresse et je vous propose une sortie imminente sous 12 jours et , pas un de plus .

Interloqué Tony signa derechef le contrat que monsieur Gordan lui fit aussitôt signer .



La suite sera délectable puisque l'ouvrage en question fera beaucoup parler de lui dans 12 jours précisément mais ... ceci est une autre histoire .

mardi 15 septembre 2009

le cas Petrouska

Ah !! quelle radieuse fête ce fut !!! Petrouska Timini était heureuse et son sourire était de mise durant l'ensemble de la prestation du troubadour humaniste qui fit sensation ce soir là .

Les amis qui l'entouraient lui proposèrent d'aller boire un verre dans une taverne située non loin de la salle des festivités afin d'en jacqueter jusqu'à très tard dans la nuitée . Elle aimait çà Petrouska ! Son regard noir et profond , d'une grande sérénité attirait l'attention des hommes et les poussait à lui parler sans pour autant se croire obligé d'être goujats et dragueurs .




Munie d'un bon verre de vin blanc , elle commença à narrer sa rencontre avec Tony Montagnard au milieu du vacarme et de la fumée qui régnait encore en ce lieu de perdition salutaire .

- je crois que je joue en ce moment le plus gros coup de ma carrière de modeste éditrice ! clama t-elle entre deux gorgées de ce Millésime pas piqué des hannetons .
-ah ! et pourquoi donc ? lui demanda illico sans hélico un de ses comparses de beuveries élitistes .

-Cet homme de talent est entrain d'écrire un roman qui devrait faire un malheur en librairie , il parle de l'histoire de la musique et de Pierre le Gabriel en particulier ... je vais me faire des mamelles en or !


Elle éclata de rire et entraîna avec elle toute la joyeuse assemblée . Non loin de leur tablée , un individu tout de noir vêtu (lunettes compris) venait d'assister incognito à cette saynète ... autant dire qu'il n'avait lui aussi pas fait le déplacement pour rien !

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UNE NOUVELLE CHANSON RIEN QUE POUR VOUS :
Bonne nouvelle ! le disque que je prépare activement depuis de nombreux mois avec une fine équipe fort compétente et motivée poursuit sa construction . 10 nouvelles chansons arriveront en fin d'année .. Patience , patience !

En guise d'apéritif , je vous offre une chanson que m'a écrite tout spécialement le poète et bloggeur Michel Boudin il y a quelques mois . Ce titre ne figurera pas sur le CD (à moins d'un changement de dernière minute ...) . Voici en version acoustique "L'Amitié c'est la vie" :

mercredi 9 septembre 2009

à l'assaut des mots !



Vendredi 25 avril . Après une journée harassante ou notre auteur avait , bien malgré lui frôlé quelques représentants de commerce aux crocs rayant le parquet , égaré pour la 50 ème fois sa carte bleue et ses clefs et évité de dire bonjour à son concierge depuis que ce dernier l'avait confondu avec un témoin de Jajouka ( alors que personne n'était là ) .


Enfin ! Tony se retrouvait chez lui pour savourer ce plaisir infini qu'est celui de coucher les mots et de les déshabiller à sa guise . Après avoir dîné de façon fort frugale , il s'installa derrière son imposante machine à écrire .

Tony Montagnard était doublement ravit car , d'une part il tenait son sujet et avait déjà entamé plusieurs pages d'affilées et , secondo il avait enfin déniché un éditeur digne de ce nom pour publier ses palabres .

Au même instant à quelques centaines de kilomètres Petrouska Timini , une terrienne parmi des millions se rendit à un immense rassemblement afin d'ouïr les vocaux d'un certain Pierre Gabrielle . Elle possédait depuis quelques mois son précieux sésame afin de pénétrer dans l'antre du troubadour et découvrit émerveillée une foule de terriens qui , tout comme elle étaient invités à cette grande noce nocturne et atypique .

mercredi 2 septembre 2009

the Real life in a Real World




Tony écrivait à présent chaque soir . Les mots se succédaient à un rythme d'enfer et les aphorismes les plus cinglants fusaient tel des bombes larguées sur les populations Afghanes innocentes . Il avait les nerfs à vif lorsqu' il entendait les inepties déblatérées sur les héros de son monde par de vils représentants de commerce en costards : le genre de personnages qu'il lui arrivait très fréquemment de côtoyer grâce au labeur qu'il exerçait en attendant de ne plus être qu'écrivain .


"ah les cloportes ! les vils chacals à poils ras !! " hurlait il à pleins poumons entre les murs cinégéniques de son appartement . Tony détestait la médiocrité et les gens incompétents plus haut que leur derrière , de toutes confessions et de tout horizons .


Il tenait enfin son sujet : le destin d'un héros des temps modernes qui , au lieu de faire le mal pour s'enrichir comme les trois-quarts de ses contemporains, souhaitait réunir les humains et les faire participer à une grande noce qui aurait pour aboutissement la jouissance absolue de cette putain d'existence !



Dans l'immeuble ou Tony résidait , d'étranges individus avaient pris la sale manie de devenir ses voisins .




Un soir après 22 h 34 , on sonna à la porte . Tony se leva brusquement de son fauteuil et se dirigea vers le hall d'entrée . Lorsqu'il ouvrit , un grand homme au look de VRP multicartes fit son apparition .


"bonjour monsieur , je suis Ernesto Minousko votre nouveau voisin je venais faire votre connaissance ".


Dans un premier temps Tony eut envie de lui signifier qu'il était sûrement ravi de le connaître aussi mais qu'il était bien tard pour les mondanités d'usage . Il vit aussitôt que l'homme en question malgré ses allures de yuppie et sa diction un peu chatiée n'avait pas l'air (de prime abord) d'un mauvais bougre .


Au bout de quelques minutes , notre écrivain zèlé invita Minousko à prendre place dans son salon et la discussion commença .


L'homme en hibernation eighties permanente lui parla beaucoup : de sa vie , de ses activités diverses et de sa passion pour l'art . Devant tant d'enthousiasme , Tony qui était toujours en quête d'idées proposa à notre oiseau de nuit d'apporter sa modeste contribution à l'ouvrage qu'il commençait à entreprendre .