vendredi 15 avril 2011

Marianne Duchnock la reine de la cuisine au beurre


Marianne Duchnock résidait à Mufflin depuis une décennie . On pouvait la décrire comme une femme froide, autoritaire et manipulatrice . Elle avait hérité du restaurant de son paternel , un homme du même acabit qui cultivait une haine farouche pour celles et ceux qui n'étaient pas natifs du même village que lui .


Son restaurant , "Le Tricolore" était situé peu avant l'entrée de Mufflin , à l'extrême droite de la mairie et de la Poste . Le personnel se devait de respecter à la lettre les ordres que donnait de manière braillarde madame Duchnock .

- J'exige que tout marche droit comme dans un défilé militaire ! Chaque jour , nous cuisinons pour le prestige de notre contrée ! Je veux que le client se nourrisse de bons produits bien de chez nous ! Telle était sa devise quotidienne .


Les ambitions de Marianne Duchnock étaient nombreuses et ne se limitaient pas à la compétition qu'elle avait entreprise contre Gisèle Pontiac et son "Joyeux drilles" qu'elle qualifiait de "repères pour oisifs maladroits" . La dame patronnesse avait à coeur de devenir un jour la nouvelle maire de Mufflin et la campagne municipale venait tout juste de débuter lorsque un beau matin de printemps , Gisèle Pontiac vint à sonner à sa porte .

- Gisèle Pontiac ! çà , par exemple ! Et quel vent mauvais vous amène jusqu'à chez moi ? Lui lança t-elle en lui ouvrant la porte alors qu'un merle venait de se poser nonchalamment sur une branche .

-Toujours aussi aimable Marianne ! Je vois que votre sens de la politesse est toujours de mise ! Je vais être brève car je ne vais pas m'éterniser chez vous : Vous voulez la guerre ? vous allez l'avoir !

Marianne fut assez interloquée par les dires de Gisèle , qui poursuivit .


- Je me lance à mon tour dans la course à la municipale ! Croyez moi , madame Duchnock , cette mairie malgré vos soutiens : Vous ne l'aurez pas ! Je ne vous souhaite pas une bonne journée !

Elle partit aussitôt en tirant sur sa cigarette . Marianne , en refermant la porte sentit que l'affaire allait soudain s'avérer plus ardue que prévue ...