samedi 21 décembre 2013

Deux Malfaisants à l'hôtel des "Trois Faisans"

 
Quelle ne fut pas la surprise de nos deux Olybrius, Hector Berliaz et Artus Vudenhaut de ne plus pouvoir ouvrir la porte de leur chambre.



-Que se passe-t-il, Artus ? fit Hector encore à peine réveillé par cette nuit vénitienne de fort courte durée.

-Je n’arrive pas à ouvrir cette foutue porte ! Bon sang de bonsoir, qu’est-ce que qui se passe ?

Entre temps, alerté par tant de bruit, le personnel de l’hôtel des 3 faisans fut alerté et , en arrivant  sur les lieux  ne put que constater l’évidence :
 
Les hommes de main de Grégory Passouvent (il allait en avoir d’autant moins l’occasion à présent) étaient enfermés dans leur deux pièces sans pouvoir mettre le moindre naseau à l’extérieur.





On se gondole à Venise ! Très rapidement, eux aussi réveillés par le boucan de tous les Dieux que faisait Hector et Artus, Léontine Dinguedong et l’impassible Alphonse Boulard se trouvaient non loin de là dans le couloir de cette auberge italienne.


-Qu’est-ce que c’est ce que ce raffut ? il y a un problème ici? Lança Alphonse, le visage encore chiffonné par la nuit (fort délicieuse) qu’il avait passé en compagnie de sa grande sauterelle toujours aussi à l’aise en toutes circonstances.
 
 
 
On leur expliqua que deux personnes se trouvaient emprisonnés dans leur chambre . Alphonse fut assez surpris qu'une telle mésaventure puisse arriver dans un tel endroit (qui valait bien Anvers ) .


-Si vous avez besoin d'un coup de main , je peux vous aider ! On va faire le coup du bélier pour enfoncer la porte ...à la une, à la deux, à la trois !




Aussitot , Hector et Artus furent liberés de leur prison dorée . En pyjama et l'air encore endormi , nos deux zéros tout penauds remercièrent le personnel (et Alphonse qu'ils avaient reconnus ) de les avoir aidé à sortir .



Hector appella illico Grégory Passouvent pour lui faire part de cette bien facheuse anecdote et , se fit souffler dans les bronches par notre curé qui cachait un tempérament et des moeurs pas très catholiques .


-Bande d'imbéciles ! Il ne fallait surtout pas vous faire remarquer pour kidnapper Mireille Bardat et Jean Gabeu !! Tout est foiré ! Rentrez immédiatement à Cergy , j'ai besoin de vous car les deux enfants de coeur se sont fait la malle !


C'est alors que nos joyeux drilles s'aperçurent qu'ils s'étaient trompés de clients car Alphonse et Léontine leur ressemblaient comme deux gouttes de Jacks Daniels . Artus et Hector quittèrent Venise sans se faire prier .
 
 
Deux jours plus tard, Léontine , toujours aussi pertinente dans ses remarques , avoua à Alphonse , entre deux gorgées de ce délicieux café que l'on servait à Venise , qu'elle avait , elle aussi repéré les deux sbires (souvenez vous qu'elle avait confessé ses pruniers à Grégory Passouvent ) et que c'est elle qui avait enfermé les lascards à double tour dans leur chambre afin qu'ils deviennent invulnérables .
 
Alphonse fut comblé par cette initiative qui le fit marrer sous cape .
-Les cons ! Me confondre avec Gabeu et toi avec Bardat , faut vraiment en tenir une sacrée couche ou bien rouler en voiture Suisse !!
FIN

mercredi 20 novembre 2013

les grandes oreilles de Cergy Pontoise

 
 
 
Le voyage se déroula sans encombres ou presque. Léontine était amoureusement affairée à choyer notre impassible Alphonse qui, sous ses dehors bourru, aimait beaucoup la compagnie des femmes et, plus encore, la compagnie de sa propre dulcinée. Le vol 327 pour Venise arriva à destination à 17 h 27  
 
 
Par chance , le soleil avait décidé de les accompagner de ses fières rayons . La ville était belle , chatoyante et propice à un week end qui s’annonçait sous les meilleures auspices . Nos deux héros de la voltige se rendirent aussitôt dans l’un des plus beaux hôtels de la ville.
 
 
 
 
Un cadre idéal pour se reposer un peu, entourés des eaux précieuses, des gondoles capricieuses et des fameux pigeons de la place Saint Marc.
-On va enfin se détendre et ne penser qu’à nous ! Lança Léontine dans un rire charmeur en arpentant le pont des soupirs au bras d’Alphonse.
 
 
 
 
-On va tout faire pour que cela soit possible ma chérie ! Répliqua avec une pointe de doute dans la voix notre Boulard qui n’avait pas la détente facile même au bras d’une grande sauterelle.
 
 
 
 
Tandis que nos touristes entrèrent dans l’hôtel afin de déposer leurs bagages, deux hommes en gabardines suivaient à distance le couple frenchy.
-Ils ne pourront plus nous échapper, on va les surprendre au saut du lit dès demain matin ! Ah ! Ça va leur faire tout drôle comme début du week end ! Fit Hector Berliaz , l’un des sbires de Grégory Passouvent .
 
Hector Berliaz et Artus Vudenhaut , prirent également une chambre dans cet hôtel après avoir gouté aux joies d’une promenade en Gondole .
Il ne restait plus qu’une chambre disponible au numéro 123 leur dit l’hôtesse des lieux avec un accent italien tout à fait charmant .
-Qu’à cela ne tienne , nous n’allons pas faire les difficiles ! Ajouta Hector en apprenant que le lieu était minuscule et qu’ils ne bénéficieraient que d’un lit pour deux .
 
 
 
 
Tandis que Léontine et Alphonse avaient passé le reste de la journée Vénitienne à se balader , ils rentrèrent à » l’hôtel des 3 faisans « à 23 h environ .
Ce fut le moment ou Hector et Artus se décidèrent à dormir afin d’être en forme pour venir cogner à la porte d’Alphonse et Léontine et les surprendre afin de les enlever .
Un enlèvement après les avoir bien mis sur écoute , tel était l’ordre donné par Grégory Passouvent .
 
 
 
 
Le lendemain , après une bonne nuit de sommeil, tout était prêt pour l’assaut mais au moment de quitter leur chambre , Hector et Artus firent une bien mauvaise surprise …

jeudi 17 octobre 2013

Laisse le Boulard à Venise





 

Trois jours plus tard , Léontine Dinguedong et Alphonse Boulard
se décidèrent à embarquer via Venise pour un week end en amoureux. Oh ! Ne croyez point que notre cher Alphonse ait fini par accepter la requête de sa belle sauvageonne de Léontine uniquement par le truchement habile d'un sentiment affectif et horizontal. Alphonse Boulard voulait surtout échapper à son morne quotidien de vendeur d’automobiles pendant , au moins deux nuitées  histoire de reposer ses guêtres et de ne plus abreuver ses cages à miel de sarcasmes en tous genres .



-Je suis prête mon amour ! Nous prenons le vol de 15 h 43 destination Rome puis, de là un autocar puis un bateau-mouche nous conduiront à Venise pour un moment à nous, rien qu’à nous !! Lança avec joie Léontine.



Le périple commença avec entrain lorsque nos deux protagonistes se rendirent à l’aéroport Charles de Gaulle  D'emblée, Alphonse fut surpris de voir des hommes en gabardines et lunettes noires lorgner dans sa direction avec un intérêt qui frisait soudain l’inhabituel.



-C’est bizarre ces deux types qui nous fixent des yeux depuis 10 minutes dans la salle d’embarquement avec de grosses lunettes noires alors que le soleil fait la grève depuis des semaines … oh ! Crois-moi Léontine, ça sent l’coup fourré cette histoire .





A quelques kilomètres de là , dans la bonne ville de Cergy , notre taciturne clergyman , le fort bien nommé Grégory Passouvent s'était enfermé à double tour  dans son bureau et avait branché son matériel d'espionnage pour écouter quelques conversations pas très musulmanes selon son propre aveu pensif .

-Ils les tiennent là ! Ils les tiennent !! Hurla au travers de son écouteur notre aimable paroissien .

En effet , tandis qu'Alphonse et Léontine s'envolaient pour Venise, Grégory Passouvent (avec l'aide des hommes en gabardines ) avait mis sur écoute nos tourtereaux .

Lorsque l'avion de nos amis décolla , Grégory reçut un appel téléphonique .
-çà y est chef, ils sont partis  , on a pu vérifier que le micro était bien branché , quels sont les ordres à présent ? demanda l'un des sbires de Grégory (qui lui aussi ne riait pas souvent ) .
-Vous me les marquez à la culotte !! et qu' çà saute nom d'un crucifix !!

jeudi 19 septembre 2013

Léontine Dinguedong passe à confesse

 
Léontine venait tout juste d'entrer dans l'église ou le curé de Cergy , Grégory Passouvent l'invita à confesse sans sourciller .

-Installez vous dans mon modeste confessionnal et dites moi tout , lui déclara le taciturne curé .

- Et bien , voilà mon père, j'ai déjà pêché dans ma vie mais , jusqu'ici je n'avais pas honte de mes actes et, là , tout d'un coup , je suis comme prise de remords , il faut que je me déleste de ce poids , je ...mais qui est cette femme qui est derrière moi ?

La bonne du curé, la gentille Perrine venait d'arriver dans l'église pour signifier à Grégory Passouvent qu'elle prenait congés .

-Ah ! mais faites donc , faites donc Perrette et ne nous importunez plus à la fin , nous sommes occupés , vous le voyez bien ! répliqua brusquement le curé .
-Allons , poursuivez !  vous disiez être rongée de remords , est ce bien cela ?


Oui, fit Léontine Dinguedong en secouant la tête de haut en bas , j'ai pêché et c'est un gros poisson , un très gros poisson ...voilà , il y a six mois , j'ai fait la connaissance d'un homme , un dénommé Alphone , tout s'est bien passé entre nous au début et puis , je ne sais pas ce qui m'a pris tout à coup mais j'ai décidé de ne plus lui faire la cuisine , ni le ménage , tant qu'il ne m'emmènerait pas à Venise passer une dizaine de jours .

L'homme d'église , un peu surpris lui répliqua un peu embarrassé
-Mais enfin , ce n'est pas un crime mais avouez que c'est une idée particulièrement égoïste et , de plus pas digne d'une femme de votre classe mais ...je ne vous juge pas , je ne suis pas là pour çà ...


Après un temps de réflexion qui parut une éternité dans la froideur de ce lieu de culte , Grégory Passouvent lui prescrit quelques médicaments spirituels deux un Avé Marius et deux tartines de sels à prendre trois fois par jour pour expier ses fautes pendant une semaine .

Léontine quitta l'église comme libérée de ce poids qui l'opprossait .

Bien curieuse idée ,en effet qu'avait eu Léontine de faire ainsi ce chantage à Alphonse Boulard . Ce dernier , vendeur d'automobiles et  un peu voyou à ses heures perdues n'était pas du genre commode et acceptait assez mal ce petit jeu là mais ....Léontine possédait quelques charmes ravageurs que la nature , dans sa bonté souvent décriée , lui avait octroyé et dont elle savait user à merveille et , ces atouts là n'étaient pas pour rendre indifférent notre cher Alphone .

 
A peine Léontine était elle rentrée à la maison qu'Alphonse l'attendait le regard inquiet et pas franchement réconfortant .
 
 
-Ah ! tu es déjà rentré du garage mon Alphonse chou , j'ai fait quelques boutiques en attendant , je vais te montrer quelques jolies surprises qui vont accompagner notre soirée .
 
Lança Léontine avec un sourire espiègle après avoir embrassé furtivement Alphonse .
 
 
Le temps pour se dernier de réagir que Léontine avait disparu dans la chambre à coucher et , elle revient quelques minutes plus tard , vêtue d'une voilette et d'une culotte noire .
 
Alphonse , malgré son carafond imperturbable , ne cacha pas son trouble .
-Alors, tu as repensé à notre petit arrangement , je ne fais rien dans la maison tant que tu ne m'emmèneras pas  roucouler  à Venise avec toi .
 
Alphonse ,sans la quitter des yeux , planté là au beau milieu du salon lui rétorqua :
 
-Nom d'une pipe en bois , Léontine , on te donnerait le bon Dieu sans confession mais tu es véritablement un petit démon déguisé en Pin Up ....Venise ! Ah ! Je sens que je vais me gondoler !

mardi 6 août 2013

L'étrange monsieur Boulard ou la métamorphose d'un cloporte en milieu urbain

      
Il faut l'avouer d'emblée , Alphonse n'était pas un homme facile à vivre . Il habitait un appartement rue du Silence au numéro 18 et ce , depuis 5 années qui lui paraissaient longues et sans saveurs .
 Août 1967 , par un jour ou la pluie faisait bon ménage avec les nuages , Alphonse Boulard, lunettes noires sur le nez pour cause de conjonctivite finissait son dur labeur de vendeur d'automobiles .

Il en avait vendu 4 ce jour là : Deux à des travailleurs honnêtes mais , hélas peu fortunés , une autre à un fils d'assureur bègue et As du volant à ses heures perdues et le dernier véhicule à une jolie blonde pimpante et fraîche comme la rosée du printemps dans un pays civilisé .

Les affaires marchaient on ne peut mieux mais , un petit détail clochait pour notre cher Alphonse Boulard .
Il avait tout de meme la sale impression de ne pas combler sa femme Huguette et leur fils Tristan (qui , du haut de ses 10 piges portait assez bien son prénom ) .


Non, décidément , Alphonse avait beau se remuer comme un beau diable dans sa concession , il n'était pas content du tout ce matin là .

L'été fut presque comme chaque saison , l'occasion de partir à la mer dans un gîte en plein coeur d'un village peuplé de parasites chevelus écoutant du rock and roll et revenant de , je ne sais quel Woodstock , histoire de prolonger la jeunesse avant l'âge ou plus rien ne semble possible sinon de compter les jours comme on compte son magot tel un vulgaire voleur de bicyclette .

Et de cette vie là , Alphonse Boulard n'en voulait pas , mais alors pas du tout , ni pour lui , ni pour sa famille .  

Au meme instant (ou presque ) , Léontine Dinguedong , toute de noir vétue et le sourire aux levres arpentait une petite ruelle en compagnie de Grégory Passouvent , le taciturne curé de la ville de Cergy . -Mon père, il faut absolument que je me confesse , j'ai peur de commetre un horrible peché ! Lui déclara Léontine sans attendre d'etre à l'intérieur de l'église . - Et bien , , nous allons en parler en catimini dans ma cabine bénie , mon petit . La journée commencait à peine ...

lundi 3 juin 2013

Un album culte "Morrison Hotel " The Doors (1970)

 

 
 
 
 
Un nouveau volet de cette série intitulée "Un album culte" en ce printemps (tardif) de l'an 2013 . Un disque de légende que je trouve tout à fait remarquable enregistré , écrit et composé par la formation rock sixties The Doors . Un opus paru  en février 1970 qui se nomme "Morrison Hotel" .


Un petit rappel historique concernant les Doors , groupe composé de Ray Manzarek qui officie au piano et à l'orgue , Robbie Krieger à la guitare , John Densmore à la batterie et , au chant l'incontournable  et charismatique Jim Morrison . Un quatuor qui débuta en 1967 avec ce tube légendaire et envoutant "Light My Fire" .


Succès planétaire qui fit connaitre au monde entier le style rock planant (un peu éloigné des Pink Floyd ) des Doors . Suivront d'autres titres très remarqués tel   le bondissant "Break on Through" ou encore "The End "( Francis Ford Coppola s'en servira 12 ans plus tard pour la bande son de son mythique film "Apocalypse Now ") .



D'emblée , le groupe s'impose avec  un univers musical bien reconnaissable et singulier (l'orgue de Ray Manzarek est quasi omniprésent et rend les compositions du groupe plus  psychédéliques que jamais ) ce qui tranche totalement avec d'autres groupes en vogue à l'époque  tel les Beatles , les Rolling Stones et les Who (pour ne citer qu'eux ) .
 
 
 
 
Jim Morrison est le leader au charisme et à la beauté qui emballe les foules et les groupies du monde entier,.Sa voix suave en sensuelle (puis rauque vers la fin de sa courte vie de 27 printemps )séduit la planète  en cette fin de décennie sixties et l'on retient surtout, ses textes d'une beauté onirique à couper le souffle .
 
 
 
 
 
En février 1970 (soit ,un an et demi avant la mort de Jim Morrison ) parait ce disque beaucoup plus rock que les quatre autres 33 tours publiés précédemment  .
 
Il faut dire que tout comme  les Rolling Stones et leur album Their Satanic Majesties Request de 1967 , les Doors ont publié eux aussi un album concept un peu trop déroutant  et qui n'a pas beaucoup séduit le public (il s'agit de leur galette "The soft parade" en juillet 1969 ) .
 Donc avec ce cinquième disque "Morrison Hotel" il leur faut absolument retrouver le souffle de leurs premiers enregistrements :  Revenir aux sources .
 
 
 
 
 
 
Et quel retour mes amis !! "Morrison Hotel" possède déjà une superbe pochette ( je précise que l'hotel qui porte le nom du chanteur du groupe est le fruit du hasard , l'occasion était trop belle pour ne pas poser derrière la vitrine à l'insu de son propriétaire ...) et surtout une palette de chansons d'excellentes factures (de la belle ouvrage comme on dit !) . Le formidable (et classique !) "Waiting for the sun" , le sournois et  planant "the Spy" et surtout le vrombissant et tubesque "Roadhouse blues" qui sera  le premier 45 tours extrait de cet opus et un de leurs plus grands succès .
 
 
 
Il est de coutume de vanter les mérites de leur premier disque  de 1967 et leur ultime paru en avril 1971 (le tres bon "L.A Woman" dont je vous parlerai prochainement si vous le souhaitez ) mais je trouve pour ma part "Morrison Hotel" d'un niveau supérieur .
 
Oublions mes amis, les frasques judiciaires de Jim Morrison et autres abus de paradis artificiels , oublions les solos d'orgue et de piano un peu trop ampoulés de Ray Manzarek (disparu il y a quelques semaines  ) et redécouvrons ensemble cette chanson fabuleuse qui s'avère etre un titre rock blues d'une redoutable efficacité
 
Voici "Roadhouse Blues" des Doors :


mercredi 24 avril 2013

Harry et Jim en vadrouille bucolique et salutaire

 
La camionnette  se retrouva dans les coquelicots, au milieu d'un champ qui paraissait beaucoup moins hostile à la présence incongrue de ce véhicule que les routes que cette dernière avait pourtant la sale habitude de fréquenter .
Le choc avait été rude , le panier à salade avait fait trois tonneaux avant de se retrouver ainsi les roues à l'air . Très vite , Harry Zonna parvint à se libérer , il était blessé au genoux gauche mais gardait encore de la force pour bouger . A l'avant , hélas , le chauffeur et son coéquipier n'avaient pas survécu à l'accident et étaient tout deux morts sur le coup .
Quelques secondes plus tard, alors qu'il tentait de sortir du camion, Harry entendit la voix de Jim Butter (qu'il croyait mort lui aussi ) , ce dernier hurla:
-sors moi de là , je suis vivant !"
Harry fit de son mieux et, en passant par la fenètre avant qui avait été brisé sous le choc , nos deux comparses parvinrent à sortir , non sans difficulté .
Ils se retrouvèrent au milieu du champ de coquelicots , blessés et fourbus mais libres . Jim qui avait reçu un coup sur la tete arriva tout de meme à vérifier si le chauffeur et son alcoolique étaient bien sans vies .
-Ouais , ils sont morts tout les deux , c'est pas chouette à voir mais , bizarrement çà ne me touche pas plus que çà , fit Jim à Harry qui vérifiait si le lacet de sa chaussure n'était pas défait .
Nos deux fugitifs s'éloignèrent du fourgon pénitentiaire et commencèrent leur cavale vers un horizon moins privatif de toute liberté .
Marcher leur fut contraignant et, alors qu'ils arrivaient tout deux à l'entrée d'un village , une voiture s'arreta , une femme était au volant . Elle portait une gabardine beige et était coiffée d'un chapeau de la meme couleur , ses yeux pétillaient de vie , une intensité et une grace inouie illuminait son visage , elle leur lança en se garant à leur passage .
 
-Et bien messieurs , on joue les auto-stoppeurs ? Ce n'est pas bien prudent par ce temps , vous allez prendre un sérieux coup de soleil sur la calebasse , montez , je vais vous conduire à l'hopital , vous m'avez l'air tout deux bien mal en point .
 
 
 
Sans trop hésiter , Harry Zonna et Jim Butter montèrent à bord de cette superbe automobile de style années 50 tout à fait agréable . Ils racontèrent à cette mystérieuse femme leur calvaire et leur évasion suite à un facheux accident de la route sans que celà ne la choqua outre mesure .
 
Quelques heures plus tard , ils se retrouvèrent dans une clinique ou des soins furent pratiqués , leurs tenues de bagnards , leurs gueules de taulards et leurs droles d'allures, tout celà n'effrayait point les médecins de cette demeure .
 
La mystérieuse femme en gabardine beige se nommait Gilda , Gilda Venture , elle possédait cet hopital qui accueillait et soignait les laissés pour compte et autres humains en perdition .
 
 
 
 
Au bout de quelques semaines, Harry et Jim étaient devenus des familliers de ce lieu bucolique (car entourés de roses rouges ) et apaisants , ils avaient et ce , grace à Gilda , trouvé leur voie , celle de redonner leur chance à ceux qui ne pensaient plus en trouver dans leur existence . Ainsi soit il . FIN
 
 
 
 
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Afin d'illustrer cette petite histoire , une chanson issue de mon répertoire écrite et composée en 1995 . Car oui, la vie peut etre belle ,il faut savoir surmonter les épreuves de l'existence afin de croquer la vie à belles dents
 
JERRY OX "La vie peut etre belle"
 
 
 
La vie peut etre belle

pourquoi les gens y sont cruels ?

dehors c'est tell'ment beau


pourquoi les gens y sont salauds ?

Moi quand j'regarde le ciel

j'ai le sourire pour la journée

ras l'bol de la morosité

etre heureux çà donne des ailes

la vie peut etre belle

pourquoi la terre est une poubelle ?

pourquoi toute cette haine ?

c'est si facile de dire je t'aime

pas trop se prendre la tete

pour des cons qui comprennent rien

qu'on est tous utiles pour quelqu'un

meme si c'quelqu'un est malhonnete

Dans la vie soit un rebelle

n'accepte pas la soumission

faut savoir grimper à l'échelle

et pas marcher comme un mouton

si le matin tu te lèves

et que tu es toujours vivant

c'est vrai çà n'a rien d'étonnant

quelqu'un là haut te surveille

la vie peut etre belle

pourquoi les guerres existent elles ?

pourquoi faut il qu'il y ait des gens

qui ne pensent qu'à l'argent ?

mais si tu t'crois malin

en disant qu'rever c'est pas permis

c'est vrai que la vie ne vaut rien

mais rien ne vaut la vie

"La vie peut etre belle"(J.Ox/J.Ox) 1995

lundi 28 janvier 2013

When the Butter want to fly

 
 
 
 
Il devait etre cinq heures du matin lorsque Jim Butter ouvrit les yeux au milieu de cet univers sale , vide et absolument sordide .
 
 
 
La veille , il venait d'etre condamné à 10 ans de bagne pour le meurtre d'un homme qu'il ne connaissait ni des lèvres ni des dents , un homme qu'il ne pouvait décrire ne l'ayant jamais croisé , bref , Jim Butter était innocent mais , lui seul pouvait l'affirmer avec justesse .
 
 
 
Lorsqu'il se réveilla dans cet enfer , la première chose qui lui vint à l'esprit c'est de savoir ou se trouvait la lumière . On peut tout faire subir à un etre humain , le priver de nourriture , d'eau , de sommeil , de liberté et que sais je encore ....tout parait insupportable mais le plus terrifiant est , je l'affirme , d'etre privé de lumière .
 
 
 
Vétu de son pyjama de bagnard , le teint livide et mal rasé , il se réfugia en grelotant vers une minuscule fenetre afin d'observer le jour qui se levait . Il entendit nettement la cloche de l'église qui se trouvait tout proche frapper les cinq coups .
 
 
 
Il était cinq heures ce matin de septembre 1980 et Jim Butter savait qu'il allait devoir croupir 10 ans dans ce trou à rat sans aucune justification valable .
 
-Justice de merde ! je ne suis plus qu'un numéro habillé en zèbre ! se dit il .


Il se rendormit quelques heures puis, on vint frapper à sa geole pour la sortie quotidienne . Deux geoliers l'invitèrent à se rendre dans la cour de la prison . Le soleil de l'automne le réchauffa quelque peu mais la présence des autres détenus lui glaça le sang .

Ils devaient etre une centaine dans cet endroit maudit , tous habillés , eux aussi , comme des zèbres .
Alors que Jim Butter commençait à peine à se demander ce qu'il faisait là , un des prisonniers , un petit homme mince portant de grosses lunettes l'interpella :
-Hey ! tu es nouveau ici  ? je me présente , je m'appelle Harry .

La journée commençait à peine et enfin quelqu'un à qui parler .