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mardi 18 février 2014

Une Shéhérazade du vingt-et-unième siècle qui avait souvent mal aux autres




Il était déjà 19 h passé en ce soir d'août ou l'orage commençait à gronder . Mimouna( incarnée par Rachida Brakni )  rentrait chez elle après avoir quitté le domicile de son ami Gino .


D'abord  quelques courses en sa compagnie .

- "Oh ! trois fois rien lui dit elle , un peu de lait pour mes enfants et de la salade pour le dîner !'


Finalement , en sortant du supermarché , Mimouna avait réussi à remplir un caddie entier . Elle était souvent comme çà Mimouna , une jolie brune au caractère bien trempé ,fragile et forte à la fois avec bien souvent des étoiles dans les yeux et le goût pour les silences qui en disent bien plus qu'elle ne voudrait l'oser .


Une  Shéhérazade, une vraie Shéhérazade des temps modernes , drôle et pertinente avec un coeur gros comme çà ! Elle avait à cœur de s'occuper des autres avant ses propres envies . Il faut dire qu'elle avait rencontré de sacrés spécimens dans son existence . Elle avait du coup un peu du mal à faire confiance aux gens et , en même temps ,elle avait à cœur de les rendre heureux au détriment de son bonheur personnel (qu'elle mettait souvent entre parenthèse alors qu'il lui suffisait d'ouvrir un peu plus la porte qu'elle avait déjà ouverte avec joie )


L'avènement des réseaux sociaux du type Twitruc et du phone portable l'avait enthousiasmé à un point tel qu'elle adorait bichonner sa page Twitruc.

Mais , Mimouna prenait souvent très à coeur ce que bon nombres appelleraient des petits riens . -Allez ! on va faire des photos avec ma robe indienne ! lança t-elle au fidèle Gino .

Les photos s'enchaînaient et notre Mimouna de cadrer , recadrer , réduire par ci , corriger par là .


 Quand tout était bon ! hop ! elle avait perdu trace de la photo . Gino avait beau lui dire que ce n'était pas grave , elle continuait à dire que

- "Non ! je vais changer la couverture , mais , tu comprends , si je fais çà , d'autres vont me copier, c'est fou , pourquoi ces fichus nanas veulent me copier ?" Et c'était parti ! blablabla ...blablabla mais c'était charmant et désarmant .



Il faut dire que grâce (ou à cause , c'est selon ) de Twitruc  elle avait fait la connaissance de Jules Edouard , un psychologue écrivain et érotomane . Ce grand gaillard habitait dans le sud de la France et écrivait des ouvrages sur les Gouniafiés (ces personnes incapables du moindre sentiment humain positif et bienveillant ) .

Par l'entremise de Jules Edouard , Mimouna avait (enfin !!!) tourné la page d'une histoire similaire .

Mais notre Mimouna était devenue (enfin s'était octroyé cette fonction ) la bonne conscience de Jules Edouard .

Lorsque celui franchissant la ligne jaune : Mimouna faisait les gros yeux à notre colosse à la dégaine de Gérard Depardieu .

- "Tu te rends compte , Gino, il va habiter avec cette femme que j'ai vu , il y a peu ! Il  se balade en slip devant elle ! tu vas pas me dire ça se fait pas !"

Sacrée Mimouna , Gino lui répétait que c'était sa vie après tout . "Non Non Non" disait elle avant aplomb , Il va encore faire une connerie le grand dadais ! Pire que mes deux gosses ! 






 
 

Mimouna avait la curieuse habitude de  se préoccuper d'abord des autres avant de se poser la simple question de savoir si elle se sentait au mieux dans sa vie .

Besoin de repères depuis toujours et soif de vivre intensément mais , avant tout : d'être respecté . Pour Gino ce n'était pas simple tous les jours mais , paradoxalement ,la relation qu'il entretenait avec Mimouna lui procurait un bien être serein et créatif .

Le lendemain , alors qu'elle dialoguait au téléphone avec sa meilleure amie , Mimouna eut soudain l'envie irrépressible de revenir sur les lieux symboliques de son enfance ...




jeudi 8 mars 2012

Fatima l'insoumise


Il est déjà 7 h en ce jeudi matin , Fatima (Rachida Brakni ) quitte brusquement son sommeil pour se plonger dans son quotidien . Une petite brune au caractère bien trempé que cette femme là ! Depuis plus de 30 ans , elle vit de l'autre coté de la méditerranée dans ce pays aux formes hexagonales . Deux enfants à charge, un métier ou elle s'investit avec enthousiasme , pas une minute à elle et , une irresistible envie d'un peu de liberté de temps à autre et , surtout que l'on s'occupe un peu d'elle .

Fatima a toujours vécu en se préoccupant d'abord des autres avant de se poser la simple question de savoir si elle se sentait au mieux dans sa vie . Besoin de repères depuis toujours et soif de vivre intensément mais , avant tout : d’être respectée .



 Elle fit la connaissance de Basile il y a quelques années . Il étaient restés amis et ne se voyaient que vaguement . Un jour , elle se persuada qu'il fallait absolument qu'elle sache ce qu'il devenait afin de le revoir

Le contact fut repris , Basile était un type assez courtois et présentable en apparence . Le genre de mec à qui l'on ne confierait pourtant pas ses affaires de peur qu'il ne les esquinte . Au tout début du printemps de cette année 1976 , leur histoire (qui commença de manière classique) ne cessa plus de se dégrader au fil du temps .



Fatima se réjouissait pourtant de passer quelques week end en compagnie de Basile dans sa maison de campagne . Elle qui aimait tant voir des arbres et se blottir contre eux,  était ravie .

Un soir , alors qu'ils étaient en relation depuis quelques mois , Basile lui déclara qu'il ne pouvait continuer à la voir car il la trouvait trop instable, lui reprochant d’être phobique sur bien des aspects . Ce dernier déclara dans un sursaut de bravoure à deux euros :

-Je suis même prêt à faire tout ce que tu détestes pour te le prouver !

Basile , deux enfants à charge  était un drôle de foutraque . Un joueur, un looser . le genre de mec à prendre les femmes pour des jouets , à s'en servir avant de les jeter une fois démunies de leurs joie de vivre .

Fatima, n'était pas une femme aussi soumise qu'elle voulait bien le laisser croire à ce fumier . Fin 1976 , alors que notre ectoplasme cuvait dans sa chambre après avoir bu toute la soirée , elle prit ses affaires , lui laissa un mot d'adieu et puis s'enfuit . Le mot d'adieu était assez court et explicite : "Tchao pauvre con ! je ne suis plus ton jouet !" . Fatima prit le premier train et regagna la ville .